Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 00:17

Promenade aux confins de l’Ardèche

 

 

Cet été j’ai parcouru le Plateau du Vivarais-Lignon avec des amis en vacances au Chambon sur Lignon. La beauté grandiose de cette région m’a fascinée. Sa fraîcheur aussi quand ailleurs c’était la fournaise.

En souvenir d’Albert Camus, voici quelques photos du Plateau Ardéchois au mois de juillet 2010 : des paysages incomparables que l’auteur a pu voir en 1942-43 pendant la guerre, et par la suite.

 

« Quand j'étais chez moi, dans ce haut plateau du Massif Central, mon père grossier, ma mère brute, le vin, la soupe au lard tous les jours, le vin surtout, aigre et froid, et le long hiver, la burle glacée, les congères, les fougères dégoûtantes, oh ! je voulais partir, les quitter d'un seul coup et commencer enfin à vivre, dans le soleil, avec de l'eau claire » (Albert Camus - Le renégat ou Un esprit confus)

 

 

IMGP5782 3

 

« J'ai lié une intrigue avec ce pays, c'est-à-dire que j'ai des raisons de l'aimer et des raisons de le détester » (Albert Camus - Carnets II)

 

 

IMGP5763

Le Mont Gerbier de Jonc

 

« Ce vent singulier qui court toujours à la lisière des bois » (Albert Camus - Carnets II)

 

IMGP5799 b

 

« Question que je me suis posée, couché dans l'herbe, devant le soir lourd et chaud : « Si ces jours étaient les derniers... » Réponse : un sourire tranquille en moi (…) l'endurcissement qui termine une expérience, ou la douceur du soir, ou au contraire le début d'une sagesse qui ne nie plus rien ? » (Albert Camus - Carnets II)

 

IMGP5636 DSCF9690

Maison arborant sa foi catholique (Plateau ardéchois)

 

« J'ai cru au curé, il me parlait du séminaire, il s'occupait tous les jours de moi, il avait le temps dans ce pays protestant où il rasait les murs quand il traversait le village. Il me parlait d'un avenir et du soleil, le catholicisme c'est le soleil, disait-il… »

(Albert Camus - Le renégat ou Un esprit confus)

 

IMGP5785 6 7

 Roman « Il l'attendait le matin au coin d'un pré sous de grands noisetiers dans le vent froid de l'automne. Bourdonnement sans chaleur des guêpes, le vent dans les feuilles, un coq entêté à chanter derrière les collines, des aboiements creux, de loin en loin un croassement de corneille. Entre le ciel sombre de septembre et le sol humide, il avait l'impression d'attendre l'hiver en même temps que Marthe. » (Albert Camus - Carnets II)

IMGP5619

 

« L'épaisseur des nuages diminua. Dès que le soleil put sortir, les labours se mirent à fumer »(Albert Camus - Carnets II)

 

 

IMGP5603

 

« Quatre mois de vie ascétique et solitaire. La volonté, l'esprit y gagnent. Mais le cœur ? » (Albert Camus - Carnets II)

 

 

IMGP5640

Visages de pierre à Montusclat

« C'est le goût de la pierre qui m'attire peut-être tant vers la sculpture. Elle redonne à la forme humaine le poids et l'indifférence sans lesquels je ne lui vois pas de grandeur » (Albert Camus - Carnets II)

 

Bientôt un autre article sur Albert Camus et l'Ardèche...


Par Dominique - Communauté : AUTOUR D'ALBERT CAMUS
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 09:19

« Méditerranée vivante » ...


Pour ceux qui peuvent se déplacer dans l’Hérault, les éditions DOMENS (http://www.domens.fr/) annoncent :


Prochainement,

 

L'association Méditerranée vivante serait heureuse de vous accueillir les 6 et 7 mai à une série de rencontres pour marquer la création à la médiathèque de Pézenas d'un Fonds éditorial Edmond-Charlot et pour commémorer les 50 ans de la disparition d'Albert Camus.

Cette initiative, que nous appelions de nos vœux depuis plusieurs années, a pu voir le jour grâce à un don important de Frédéric Jacques Temple, écrivain et ami du libraire-éditeur algérois, qui nous fera l'honneur de sa présence.

La cérémonie sera suivie d'une table ronde intitulée « Camus et la Méditerranée ».

 

Pré-programme :

 

Le 6 mai 2010, 21heures, 
projection du film « L'Etranger  » , de Luchino Visconti, d'après le roman d'Albert Camus au cinéma «Le Molière», .

Le 7 mai, à la Maison du Peuple, place Frédéric-Mistral


Le 7 mai, à la Médiathèque, Exposition : « Albert Camus, 1913-1960 » réalisée par José Lenzini.


DSCF8761 800



Le 7 mai, à 16h 30, projection du film de Jean Daniel : « Albert Camus » , Maison du peuple, place Frédéric-Mistral, Pézenas.

Le 7 mai, à 18h 30, Réception du don Frédéric Jacques Temple pour la création d'un fonds Charlot à la médiathèque de Pézenas, accompagnées de lectures par des élèves du lycée Jean Moulin..

Le 7 mai, à 20h 30, table ronde « Camus et la Méditerranée » animée par Michel Puche avec la participation de Guy Basset, Mathieu Bouchard, Franck Planeille, Manfred Stassen. 


Rassemblés autour d’Edmond Charlot, des hommes et des femmes unis par le même amour de la Méditerranée, ont formé la pari insensé de diffuser dans un public toujours plus large, et par la même de la promouvoir, la culture d’inspiration ou d’origine méditerranéenne dans ses formes d’expression les plus diverses.

Rencontres - Expositions - Conférences


Editions DOMENS (http://www.domens.fr/)

 

Par Dominique - Communauté : AUTOUR D'ALBERT CAMUS
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 23:25

Vision imaginaire d’un texte tiré de L’été

Le Minotaure ou la halte d’Oran

(A.Camus 1939)

Il n’y a plus de déserts. Il n’y a plus d’îles.

Le besoin pourtant s’en fait sentir.

Pour comprendre le monde, il faut parfois se détourner ;

pour mieux servir les hommes, les tenir un moment à distance.

Mais où trouver la solitude nécessaire à la force,

la longue respiration où l’esprit se rassemble

et le courage se mesure. Il reste les grandes villes.

Simplement il y faut encore des conditions.

(…)

Pour fuir la poésie et retrouver la paix des pierres,

il faut d’autres déserts, d’autres lieux sans âmes et sans recours.

Oran est l’un de ceux-là

(…)

Oran a aussi ses déserts de sable : ses plages.

ph1 mer 4 800

Celles qu’on rencontre tout près des portes,

ne sont solitaires qu’en hiver et au printemps.


ph2 P1200768 DSCF5014 asph 2 800

Ce sont alors des plateaux couverts d’asphodèles,

peuplés de petites villas nues au milieu des fleurs.


ph3 corse8 04 192 la mer gronde en contrebas 2 800

La mer gronde un peu en contre-bas.


ph4 P1200768 DSCF5009 asph 800

Déjà pourtant, le soleil, le vent léger, la blancheur des asphodèles, le bleu cru du ciel, tout laisse imaginer l’été,

 la jeunesse dorée qui couvre alors la plage,

les longues heures sur le sable et la douceur subite des soirs (…)


ph5 chevres 4 800

(…) de longues dunes désertes ou le passage des hommes n’a laissé d’autres traces qu’une cabane vermoulue.

De loin en loin, un berger arabe fait avancer sur le sommet

les taches noires et beiges de son troupeau de chèvres.



ph6 corse8 04 197 matin du monde 2 800


Sur ces plages d’Oranie,

tous les matins d’été ont l’air d’être les premiers du monde.

 




ph7 P1080452 crepuscule 2005 800

Tous les crépuscules semblent être les derniers,

agonies solennelles annoncées au coucher du soleil

par une dernière lumière qui fonce toutes les teintes.



ph8 P1080459 soleil rouge 1 800

La mer est outremer, la route couleur de sang caillé, la plage jaune.


 

ph9 rayon vert1 fonce 1 800

    

Tout disparaît avec le soleil vert 


ph10 lune11 1 800

 

une heure plus tard les dunes ruissellent de lune.

Ce sont alors des nuits sans mesure sous une pluie d’étoiles.

( Albert CAMUS)


D’une rive à l’autre,

c’est toujours la mer méditerranée qui baigne les côtes,

les couchants du soleil rougeoient de leurs feux,

les aubes naissantes nous bercent,

et dans mon île,

qui se couvre de marées d’asphodèles au printemps,

la lune le soir, inonde les dunes

et les collines du bord de mer,

les nuits étoilées y sont limpides et apaisantes,

lorsque je tends la main rien ne me sépare de ce qui fût,

cette mer est le lien qui nous réunit,

cette mer où tous ses enfants immergent leurs joies et leurs

peines et trouvent le courage de vivre.


J’aurais voulu connaître Oran et j’aime le Minotaure,

je l’ai illustré avec des paysages imaginaires de ma photothèque.

Une belle histoire relate les mystères de la place forte d’Oran au temps des Grands d’Espagne  « La jeune fille à la citadelle »

de Janine Montupet, née en Algérie  : celle-ci a connu Albert Camus

ph11 camus montupet la jf et la c

Par Dominique - Communauté : AUTOUR D'ALBERT CAMUS
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 01:56

Dans le cadre du challenge Camus d'Hambreelie...

etranger



La proposition d’Hambreelie m’a séduite, en effet une si gentille invitation à parler de Camus ne pouvait se refuser, mais comment parler de L’étranger ? De plus il me faut souvent beaucoup de temps… alors je vous dirai simplement des impressions (ou ce qui me passe par la tête)…car L’étranger je le ressens et peut-être même à cause de cela ai-je peur de mal en parler …il évoque tant de choses et de souvenirs …et puis si vous ne l'avez pas lu, inutile de tout raconter... 

 

J’aime le cadre de ce roman bien sûr, l’Algérie et Alger (car c’est mon pays et ma ville) : Camus dit lui-même « Une terre, un ciel, un homme façonné par cette terre et ce ciel » « Les hommes de là-bas vivent comme mon héros, tout simplement » (Le littéraire,1946)

L’existence de gens modestes est mise en scène dans la première partie du roman. Camus notait depuis longtemps toutes sortes de choses vues ou entendues que ce soit à Alger ou à Oran.

Un enterrement à Marengo a existé sans doute (Carnets mai 38, p110) C’est là d’ailleurs (d’après une information lue dans El Watan)  qu’est enterrée la mère de l’écrivain au cimetière chrétien de Hadjout (ex Marengo) wilaya de Tipaza.

Voir ce lien (c’est donc là on peut dire que commence l’histoire…) http://consulatalger.ambafrance.org/site/spip.php?page=article&id_article=2516&id_document=4670

Ce roman est un vrai reportage de lieux et de vies.

L’Algérie n’est pas un décor, elle est l’âme du roman et je dois dire que c’est pour cela que ce roman me touche autant  « Ce pays est sans leçons…on le connaît dès l’instant où l’on en jouit. Ses plaisirs n’ont pas de remords et ses joies restent sans espoir. Ce qu’il exige ce sont des âmes clairvoyantes, c’est-à-dire sans consolation » (Noces, p33-34)

 

Un jour où je parlais d’Albert Camus avec mon époux je lui ai demandé ce qu’il avait retenu de L’étranger, et il m’a dit « pour moi le héros de L’étranger est un autiste » cela m’a surpris, car je n’y avais pas songé…

En fait il n’avait pas accroché à la lecture du début de ce livre, toutes ces platitudes et ce personnage qui ne livrait rien de lui ne pouvaient pas lui plaire. Il était peut-être aussi trop jeune lorsqu’il l’a lu. Il m’a consolée en me disant qu’il avait beaucoup aimé La peste.

 

Autiste…peut-on dire cela de Meursault ? Si l’individu autiste est incapable de ressentir des émotions, et ne ressent pas non plus les sentiments et les émotions des autres, alors Meursault n’est pas tout à fait comme cela.

Souvent il me paraît démuni dans sa manière d’être ou de répondre, tant il sait d’instinct être vrai et ne pas mentir, ne rien faire qui ne soit forcé. Il ouvre grand ses yeux sur le monde et découvre la vie peu à peu…

Dans un texte voulu froidement descriptif et minimaliste, il y a pourtant des passages brefs et poétiques décrivant la nature et le monde, et le « contentement »

- « A travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman. Le soir, dans ce pays devait être comme une trêve mélancolique »

- le bain avec Meursault et Marie sur la bouée est doux et reposant…sensuel, on sent ces deux vies battrent dans la mer et le soleil, on aimerait être Marie (ou Meursault) à cet instant…«Quand le soleil et devenu trop fort, elle a plongé et je l’ai suivie. J’ai passé ma main autour de sa taille et nos avons nagé ensemble»

- il y a aussi le bain le matin du meurtre de l’Arabe et sa poésie sereine « L’eau était froide et j’étais content de nager. Avec Marie nous nous sommes éloignés et nous nous sentions d’accord dans nos gestes et dans notre contentement. Au large nous avons fait la planche et sur mon visage tourné vers le ciel, le soleil écartait les derniers voiles d’eau qui me coulaient dans la bouche (…) Marie a voulu que nous nagions ensemble, je me suis mis derrière elle pour la prendre par la taille et elle avançait à la force des bras pendant que je l’aidais en battant des pieds »

 

Camus a écrit « Trois personnages sont entrés dans la composition de L’étranger, deux hommes(dont moi) et une femme » (Carnets II, p34)

- La femme serait sa mère dans le personnage de la mère. Peut-être aussi dans le personnage de Marie… ? pensons à Camus disant de L’étranger « il m’est arrivé de dire que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions »

Je vous livre ce lien qui m’a plu, lisez-le si vous en avez le temps, on y parle de Marie

http://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache%3AG2d5AB2GAjoJ%3Aagorange.net%2FConf2%2520R%2520Enthoven%2520%26%2520LBove.pdf+camus+et+dieu+marie+cardona&hl=fr&gl=fr&sig=AHIEtbQ3bVFNsWW2KAW6Kw85ap-JabMIHg&pli=1


Pour ce qui est de la scène du meurtre au soleil sur la plage, j’ai été fort intéressée par ce qu’en dit Bernard Pingaud  dans son livre « L’étranger d’Albert Camus » paru chez Folio.
 

C’est fou ce que l’on peut trouver dans L’étranger, il ne faut pas le lire une fois mais 10 ! pour espérer découvrir les secrets de l’œuvre : « Il n’est pas de vraie création sans secret » (Le mythe de Sisyphe, p155) et l'auteur dit aussi «J'ai parfois besoin d'écrire des choses qui m'échappent en partie, mais qui précisément font la preuve de ce qui en moi est plus fort que moi» (Carnets I, p60)

- « Lui » serait dans certains traits de Meursault mais aussi par exemple le jeune journaliste présent au procès « habillé en flanelle grise avec une cravate bleue (…) je ne voyais que ses deux yeux très clairs qui m’examinaient attentivement sans rien exprimer qui fût définissable. Et j’ai eu l’impression bizarre d’être regardé par moi-même »

- Un autre homme, Sauveur Galliero, peintre algérois dont la bohême n’avait d’égal que son merveilleux talent de coloriste, raconte qu’il a fourni la matière du livre après que Camus l’ait recueilli alors qu’il était en difficulté (Historia n°210 du 12/01/1972)… Meursault aussi ?


DSCF8361 galliero 800

Sauveur GALLIERO  -  Alger, Baigneurs aux Deux Moulins

 


A Blanche Balain, son amie poétesse, qui lui a fait part de ses impressions sur L’étranger, Albert Camus écrit le 16 octobre 1942 :

« L’étranger est en effet un livre concerté et volontaire qui semble manquer d’émotion. Mais le livre est à double sens et Meursault, que j’ai essayé de rendre naturel et vivant, est pourtant un symbole en même temps.
D’autre part il a une signification supplémentaire dans la mesure où il est au début d’une suite d’œuvres dont la perspective l’éclairera. Il décrit le point zéro et ce qu’un homme installé au point zéro peut voir de l’existence.
Mais, bien entendu, il y a autre chose et le sacrifice, la fidélité, l’honneur, la vie éclatante, toutes ces vertus absurdes gardent leur sens (…) De ceci, qui est trop bref, vous pouvez comprendre que L’étranger est composé surtout de beaucoup de sacrifices (littéraires, s’entend). Ce dépouillement, cet air raréfié où je sens que vous respirez mal a été obtenu en éloignant constamment la poésie, les tentations quotidiennes, et si vous voulez, l’amour (...)
Tel quel, ce Meursault qui se borne à répondre aux questions (des hommes ou de la vie) qui ne hait pas, aime à sa façon et passe sa vie à se détourner et à être condamner pour ça, m’est cher. Je ne dissimule pas les défauts de mon livre, mais je sais que dans l’avenir je m’y sentirai encore lié par quelque chose de dur et de profond »
(La récitante tome 2 p56-57)
Par Dominique - Communauté : AUTOUR D'ALBERT CAMUS
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 19:34

 DSCF8310 BB Valence 1943 jaune 1280
Photo Saint Jean Cap Ferrat le 20 février 2010

Par Dominique Beretti - Communauté : AUTOUR D'ALBERT CAMUS
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

...merci d'avoir lu ces quelques lignes où les mots sont venus dire souvenirs et sensations...

voeux 2011

Présentation

Liens d'amitié

Photos d'autrefois

Album Alger5 jean paul sereni constantine       Jean-Paul Sereni   Le pont suspendu 
                  Constantine en 1925

  
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus